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Le culte des ancêtres en Chine |
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La pensée chinoise se fonde sur le lien entre la Nature et la société humaine. L’âme des hommes se nourrit des énergies de la Terre et du Ciel, ici-bas comme dans l’au-delà. Les vivants et les morts participent d’un même destin. Par Jean-Michel Chatelier - Extrait de la revue Acropolis n°195, nov-déc 2006 Dans la Chine originelle, chaque village était constitué d’une vaste famille vivant au rythme des saisons. Les liens entre villages se produisaient lors des fêtes de la concorde, au printemps, dédié à la jeunesse, et à l’automne, exprimant l’abondance, à ces moments où s’inversaient les polarités Yin et Yang du calendrier agraire qui rythmait la nature des activités paysannes. La puissance créatrice se renouvelait par les fêtes. Elle était exprimée par la jeunesse lors du rite du passage de la rivière, les eaux printanières étant liées à la fécondité et favorables à la réincarnation des âmes s’échappant de leur retraite souterraine. La puissance de la Terre Les cultes des morts et du sol se sont développés parallèlement. Le contact avec le sol était essentiel à la naissance et à la mort. Seule la terre pouvait donner ou reprendre le droit de vivre dans le groupe familial. Le nouveau-né était déposé au sol pour qu’il en soit nourri les trois premiers jours de sa naissance. Le mort était enterré une première fois dans le sol de la maison, près de la place où étaient conservés les grains, à proximité de la couche conjugale, pour que sa substance pénètre le sol familial. La conception d’un enfant était l’œuvre des puissances fécondes qui émanaient du sol domestique. Ainsi, toute naissance était une réincarnation d’ancêtre. Par solidarité, les masses ancestrales du pays se réunissaient au réservoir de vie souterrain, «les Sources Jaunes». Le culte des ancêtres, harmonisé avec les cultes agraires liés aux saisons, était public et considéré d’intérêt général. L’ordre du Ciel Le culte du Ciel était majeur dans la religion, dédié au «Souverain d’En-haut», régulateur suprême de l’ordre naturel. Le Ciel léguait son pouvoir au roi et le traitait comme un fils. Pour les Chinois, l’âme n’était pas unifiée mais multiple. Après la mort, pour les gens ordinaires, seule l’âme inférieure demeurait, indistincte et liée aux fonctions animales. Pour les nobles, elle était de nature supérieure, liée à l’individualité, et survivait de une à plusieurs générations selon le rang dans la noblesse. Les âmes des ancêtres royaux vivaient éternellement et distinctement dans le temple familial. Ils devenaient des médiateurs avec les dieux. Ils étaient consultés par la pratique de la divination et étaient associés au culte du Ciel. Le défunt ne devenait ancêtre, uni à la fois au Ciel et aux Sources Jaunes, qu’après le deuil respecté par le fils, qui participait de l’état mortuaire par le jeûne et l’abstinence. Pour le culte, si le fils respectait une retraite ascétique pour permettre le contact avec l’âme de l’ancêtre, c’est le petit-fils qui représentait le défunt, notamment lors du repas rituel pris en sa présence. La parenté se faisait de fils à grand-père, ainsi les tablettes de l’autel domestique, fixant une part de l’âme supérieure, ne s’associaient pas par générations consécutives. Avoir un fils constituait donc le premier acte de piété filiale pour la continuation de la lignée et la représentation rituelle du défunt. |
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